17/04/2008

Yann Queffélec.

J'ai lu Les noces barbares. Et j'ai eu une furieuse envie de sel, d'embruns, et de vents. Ces noces entre les paysages, et les discours ne sont pas insignifiantes. 1985, nous ne sommes pas encore loin des hôpitaux psychiatriques, on l'on administre du valium par quantités phénoménales. Alors, loin de se laisser aller dans une sorte de pathos, Queffélec entraine le petit Ludo, avec lui, dans une course poursuite contre la perte des souvenirs. Il emmène aussi le lecteur entre Bordeaux et Lourdes, entre le Médoc et les Landes. Parfois, oui, il faut l'avouer tout cela est un peu long, mais globalement l'écriture est vive, douce, presque mélancolique.
On aime se prendre aux jeux de noces esthétiques, et c'est le cas.

"Dans ce demi jour sale et cendreux, il prenait possession d'une vérité floue qui l'affola d'abord: il était seul avec Lise, ils étaient seuls à la cave. Il entendait la mer, c'était l'émotion qui battait librement dans leurs souffles. Déjà les regards s'échangeaient"
( Yann Queffélec, Les noces Barbares, 1985, Gallimard)

08/04/2008

Tout a commencé par là.

Paul VALERY, Ego scriptor et Petits poèmes abstraits.

"Vois l'onde de la mer que la lune tourmente
Et qui traîne des monts sur sa forme dormante
Les monts coulent toujours
Dans leur ombre."

J'ai pu voir Valéry, les mots, et les autres face à moi, dans leur plus pure simplicité jusqu'au moment où, il a bien fallu comprendre autre chose que des mots. Lire, écrire, penser à la manière d'un critique pour faire comme si.
Ensuite, il y a eu les blogs, rapidement, pendant quelques années de délires égocentriques sur d'autres serveurs. Facilement, et sans doute inévitablement, les mots se sont accrochés à d'autres afin de créer des liens virtuels et amicaux. Certes, aujourd'hui, de ces cordes tendues il en reste que des souvenirs. Mais après, tout, on ne demande rien.
Puis, des cahiers, des feuilles, encore, encore. Toujours. Parce que l'écriture n'était pas faite pour être lue. En un sens, "je est un autre".
Maintenant, Ego scriptor. Ici, sur les arbres, sur les feuilles, dans les racines. Nourrie des sonorités, et sans doute de vie, et d'images.